Alors ça y est. Désolé pour le manque de nouvelles ces derniers jours. J’étais captivé par la lecture de “Les Pilliers de la Terre”. Cela dit, je suis très content de vous annoncer que c’est chose faite. J’ai pris possession de la moto cet après-midi après avoir donné la “formation” ce matin dans une caisse du nom de MEC ADEAP, laquelle est située dans le nord de la ville à cet endroit très exactement (quelle chance que je vous informe avec tant de précision, non?).
J’ai donc présenté les fonctionnalités à quatre très gentilles et très attentives dames qui furent ravies de savoir que OpenOffice 3.1 est quasiment identique à MS Word 2007. Leur motivation vient en réalité du fait que les ordinateurs qui sont fournis par DID ne sont pas équipés de MS Office et que DID leur refuse l’installation de copies pirate, ce qui est tout à fait compréhensible. Ce faisant, DID peut utiliser l’argent économisé à meilleur escient. Je trouve que c’est une super idée, surtout que OO me parait vraiment très solide.
C’est portant une chemise jaune en chanvre et un pantalon en lin beige (nouvellement acquis pour cette occasion précise) que j’ai présenté les logiciels, faisant un survol des fonctionnalités principales et de quelques fonctions avancées. Le tout a durée +- 3 heures. À moitié chemin, j’ai demandé si je pouvais avoir un café, alors tout le monde s’est arrêté pour une petite pause, comme chez nous! J’ai tranquillement bu mon café pendant que je tentais de faire fonctionner (sans succès) l’insertion automatisée d’une série de nombres dans Calc (équivalent OO de MS Excel). C’est quoi le truc? Anyone?
Les curieux qui auront clické le lien que j’ai donné plus haut ne réalisent peut-être pas que l’emplacement géographique désigné par ce point n’en est pas un qui fut simple (ni rapide) à atteindre. Chevaux, sable, chaussée trouée, détours, moutons, taxis à n’en plus finir, policiers, … enfin, le chaos habituel de l’endroit. On a mis quelques 50 minutes pour faire à peu près 13 km. J’ai presque failli vomir ET pourtant j’étais dans un gros 4×4 avec air climatisé, conduit par Elhadji Senne, le “chauffeur”. Yes. Sa conduite était assez bonne, vues les conditions. Sentant le haut le coeur me venir, je me suis rappelé les pénibles balades en voiture de mon enfance, mon père n’étant pas le plus délicat des hommes qui soient au volant d’une auto (ni très sensible à ou compréhensif de mon malaise dans les véhicules qui se meuvent follement et abruptement – pauvre enfant que j’étais).
En guise de remerciement pour cet acte bénévole et totalement désintéressé de ma part, le chef m’a invité à luncher avec lui (sa femme nous y a aussi accompagné) à l’hôtel Radisson, un univers à part, ici à Dakar. Forteresse sur le bord de la mer, havre de paix et de luxe, cet endroit est une merveille. Pour moi qui vit ici tel un ascète, peut-être même en ermite, qui se laisse rarement tenter par les excès et qui fait avec le strict minimum (j’exagère à peine), je dois avouer que j’en aurais encore savouré un brin de cet excès radissonesque. Et avec encore une titte bière sur la grande terrasse sur la mer. Quand on voit l’état de la vie ici, on ne peut que ressentir un malaise face à cette richesse, comme partout ailleurs, j’imagine, où les inégalités sont si manifestes. Cela dit, il y a une clientèle et elle est prête à payer, alors pourquoi ne pas la laisser faire, hum?
Fin de la partie 1 de ce message déjà trop long et début de la partie 2 qui sera très courte.
J’arrive à la maison et j’appelle le concessionnaire : la moto m’attend! Je prends mon casque, mes gants jaunes tant adorés, mes clics et mes claques et je quitte. J’ai les papiers, j’ai tout! J’arrive sur place, on me fait signer un truc ou deux et voilà, le moment tant attendu : je take the moto et je go, johnny go – il take la moto et il go. Yes. Zoum zoum dans les rues de Dakar. Quelques instants plus tard, je réalise que je suis encore en sandales! Merdouille, j’ai oublié de chausser mes bottes. Zut, flûte, caca boudin, je me sens un peu à nu, mais c’est pas tragique. Je remonte le boul. du Centenaire, et je m’engage dans le rond-point ; “priorité à gauche”, que je me rappelle en m’y enfonçant. Je prends soin de bien regarder *partout* autour de moi et alors, je me fais dépasser simultanément pas la droite et la gauche, sans le moindre respect pour la priorité…oh et puis merde, JE FONCE! Ça s’est passé comme ça jusqu’à mon arrivée à la maison. Trop cool. Sain et sauf et sans trop d’éclaboussures d’eau noire puante. Je stationne la moto, monte mettre mes bottes, redescend et sors à nouveau pour aller faire le plein d’essence. Il est 17h30, soit l’heure de congestion max. J’arrive à l’autre rond-point près de la casa, le long du Canal 4, et je comprends vite qu’il n’y a pas d’issue ; le garage est vraiment tout près, à moins de 20 mètres de moi, mais il me faudrait chevaucher l’espèce de trottoir qui est tout près pour éviter d’avoir à attendre que le rond-point se décongestionne (car ça n’a pas bougé d’un iota pendant, je le jure, sept bonne minutes, après lesquelles j’ai vu deux motos grimper cavalièrement sur le trottoir. S’ils le font, pourquoi pas moi? Et voilà, ce fut fait.
Pour le plein d’essence, je me suis dis que j’allais laisser faire le pompiste, histoire de voir comment on fait ici. Erreur. Il place nonchalamment le pistolet dans le réservoir et il commence le ravitaillement. 650 FCFA le litre (1,53$). Total 11 litres, mais il ne réalise pas que le réservoir est plein et ça se met à gicler partout sur ma belle moto toute neuve. Je lui fais de gros yeux. “C’est pas super top, ça”, que je lui dis avec exactement ces mots-là. “Ah non?”, qu’il dit, un peu gêné. “Ah non”, que je dis. Enfin, j’essuie, je nettoie, je remets la clé et je goooooo! …mais pas très loin car vous pouvez imaginer que la situation du rond-point n’a pas vraiment évolué depuis les dernières minutes. J’observe (ne suis pas le seul d’ailleurs à le faire). Après un moment d’inactivité totale, personne ne va nulle part, je me pointe dans une ouverture, je lance des sourires, je demande le passage de la main et du regard, je cherche en somme à m’assurer que je ne vais pas me faire écraser (en gros, c’est dix autos pour une moto). Après qq instants, une faille : je GO! Zoum zoum! Et c’est reparti. Je fly à la maison, évitant sans zèle les trous et le sable profond et j’arrive.
Voilà l’essentiel de cette première sorti en moto. Elle est maintenant en bas, dans l’enceinte fermée à clé de la maison. J’ai enfilé mon cadenas dans la roue arrière, mais ne suis pas convaincu que ce soit suffisant. Enfin, ça va aller jusqu’à demain.
Voici quelques deux autres clichés du jour (yamaha ybr125 et jp, heureux d’une moto) :


Alors ça y est. Désolé pour le manque de nouvelles ces derniers jours. J’étais captivé par la lecture de “Les Pilliers de la Terre”. Cela dit, je suis très content de vous annoncer que c’est chose faite. J’ai pris possession de la moto cet après-midi après avoir donné la “formation” ce matin dans une caisse du nom de MEC ADEAP, laquelle est située dans le nord de la ville à cet endroit très exactement (quelle chance que je vous informe avec tant de précision, non?).
J’ai donc présenté les fonctionnalités à quatre très gentilles et très attentives dames qui furent ravies de savoir que OpenOffice 3.1 est quasiment identique à MS Word 2007. Leur motivation vient en réalité du fait que les ordinateurs qui sont fournis par DID ne sont pas équipés de MS Office et que DID leur refuse l’installation de copies pirate, ce qui est tout à fait compréhensible. Ce faisant, DID peut utiliser l’argent économisé à meilleur escient. Je trouve que c’est une super idée, surtout que OO me parait vraiment très solide.
C’est portant une chemise jaune en chanvre et un pantalon en lin beige (nouvellement acquis pour cette occasion précise) que j’ai présenté les logiciels, faisant un survol des fonctionnalités principales et de quelques fonctions avancées. Le tout a durée +- 3 heures. À moitié chemin, j’ai demandé si je pouvais avoir un café, alors tout le monde s’est arrêté pour une petite pause, comme chez nous! J’ai tranquillement bu mon café pendant que je tentais de faire fonctionner (sans succès) l’insertion automatisée d’une série de nombres dans Calc (équivalent OO de MS Excel). C’est quoi le truc? Anyone?
Les curieux qui auront clické le lien que j’ai donné plus haut ne réalisent peut-être pas que l’emplacement géographique désigné par ce point n’en est pas un qui fut simple (ni rapide) à atteindre. Chevaux, sable, chaussée trouée, détours, moutons, taxis à n’en plus finir, policiers, … enfin, le chaos habituel de l’endroit. On a mis quelques 50 minutes pour faire à peu près 13 km. J’ai presque failli vomir ET pourtant j’étais dans un gros 4×4 avec air climatisé, conduit par Elhadji Senne, le “chauffeur”. Yes. Sa conduite était assez bonne, vues les conditions. Sentant le haut le coeur me venir, je me suis rappelé les pénibles balades en voiture de mon enfance, mon père n’étant pas le plus délicat des hommes qui soient au volant d’une auto (ni très sensible à ou compréhensif de mon malaise dans les véhicules qui se meuvent follement et abruptement – pauvre enfant que j’étais).
En guise de remerciement pour cet acte bénévole et totalement désintéressé de ma part, le chef m’a invité à luncher avec lui (sa femme nous y a aussi accompagné) à l’hôtel Radisson, un univers à part, ici à Dakar. Forteresse sur le bord de la mer, havre de paix et de luxe, cet endroit est une merveille. Pour moi qui vit ici tel un ascète, peut-être même en ermite, qui se laisse rarement tenter par les excès et qui fait avec le strict minimum (j’exagère à peine), je dois avouer que j’en aurais encore savouré un brin de cet excès radissonesque. Et avec encore une titte bière sur la grande terrasse sur la mer. Quand on voit l’état de la vie ici, on ne peut que ressentir un malaise face à cette richesse, comme partout ailleurs, j’imagine, où les inégalités sont si manifestes. Cela dit, il y a une clientèle et elle est prête à payer, alors pourquoi ne pas la laisser faire, hum?
Fin de la partie 1 de ce message déjà trop long et début de la partie 2 qui sera très courte.
J’arrive à la maison et j’appelle le concessionnaire : la moto m’attend! Je prends mon casque, mes gants jaunes tant adorés, mes clics et mes claques et je quitte. J’ai les papiers, j’ai tout! J’arrive sur place, on me fait signer un truc ou deux et voilà, le moment tant attendu : je take the moto et je go, johnny go - il take la moto et il go. Yes. Zoum zoum dans les rues de Dakar. Quelques instants plus tard, je réalise que je suis encore en sandales! Merdouille, j’ai oublié de chausser mes bottes. Zut, flûte, caca boudin, je me sens un peu à nu, mais c’est pas tragique. Je remonte le boul. du Centenaire, et je m’engage dans le rond-point ; “priorité à gauche”, que je me rappelle en m’y enfonçant. Je prends soin de bien regarder *partout* autour de moi et alors, je me fais dépasser simultanément pas la droite et la gauche, sans le moindre respect pour la priorité…oh et puis merde, JE FONCE! Ça s’est passé comme ça jusqu’à mon arrivée à la maison. Trop cool. Sain et sauf et sans trop d’éclaboussures d’eau noire puante. Je stationne la moto, monte mettre mes bottes, redescend et sors à nouveau pour aller faire le plein d’essence. Il est 17h30, soit l’heure de congestion max. J’arrive à l’autre rond-point près de la casa, le long du Canal 4, et je comprends vite qu’il n’y a pas d’issue ; le garage est vraiment tout près, à moins de 20 mètres de moi, mais il me faudrait chevaucher l’espèce de trottoir qui est tout près pour éviter d’avoir à attendre que le rond-point se décongestionne (car ça n’a pas bougé d’un iota pendant, je le jure, sept bonne minutes, après lesquelles j’ai vu deux motos grimper cavalièrement sur le trottoir. S’ils le font, pourquoi pas moi? Et voilà, ce fut fait.
Pour le plein d’essence, je me suis dis que j’allais laisser faire le pompiste, histoire de voir comment on fait ici. Erreur. Il place nonchalamment le pistolet dans le réservoir et il commence le ravitaillement. 650 FCFA le litre (1,53$). Total 11 litres, mais il ne réalise pas que le réservoir est plein et ça se met à gicler partout sur ma belle moto toute neuve. Je lui fais de gros yeux. “C’est pas super top, ça”, que je lui dis avec exactement ces mots-là. “Ah non?”, qu’il dit, un peu gêné. “Ah non”, que je dis. Enfin, j’essuie, je nettoie, je remets la clé et je goooooo! …mais pas très loin car vous pouvez imaginer que la situation du rond-point n’a pas vraiment évolué depuis les dernières minutes. J’observe (ne suis pas le seul d’ailleurs à le faire). Après un moment d’inactivité totale, personne ne va nulle part, je me pointe dans une ouverture, je lance des sourires, je demande le passage de la main et du regard, je cherche en somme à m’assurer que je ne vais pas me faire écraser (en gros, c’est dix autos pour une moto). Après qq instants, une faille : je GO! Zoum zoum! Et c’est reparti. Je fly à la maison, évitant sans zèle les trous et le sable profond et j’arrive.
Voilà l’essentiel de cette première sorti en moto. Elle est maintenant en bas, dans l’enceinte fermée à clé de la maison. J’ai enfilé mon cadenas dans la roue arrière, mais ne suis pas convaincu que ce soit suffisant. Enfin, ça va aller jusqu’à demain.
Voici quelques deux autres clichés du jour (yamaha ybr125 et jp, heureux d’une moto) :

