
Taxi pour HLM 1
Jendi et vendredi remplis d’activités! Hier soir, après être retourné voir les motos sur le Boul. du Centenaire, suis allé souper chez le chef du projet DID dont je vous ai parlé antérieurement. J’y ai rencontré sa femme Johanne et deux autres québécois, Marie-Annick de SOCODEVI et François, de DID. Nous avons été fort bien reçus et avons passé une très belle soirée.
Aujourd’hui, lors de ma marche désormais quotidienne au centre-ville (quelques 5 km), alors que je quittais la compagnie du gardien de sécurité de l’Ambassade de l’Inde auquel j’avais demandé des renseignements,un chauffeur de taxi nouvellement stationné m’interpelle. Je l’ignore, selon l’habitude. Encore il me hèle, je marche. La troisième fois, j’entends “Jean-Philippe” ; je me retourne pour voir le visage de François (DID) par la fenêtre arrière du véhicule! Quelles sont les chances que je croise quelqu’un que je connais à Dakar, je demande?
C’est donc désormais clair, les planètes sont alignées pour moi ici. Je ne sais pas encore exactement ce que me réserve ce chapitre de ma vie, mais je pressens quelque chose de bon. Lundi, il est possible que je puisse me rendre chez DID pour en apprendre davantage sur leurs opérations, alors qui vivra verra.
Lors ma balade en taxi avec François, je fais part de mes plans d’achat d’une moto au chauffeur, lequel conduit souvent les gens des ambassades, dans l’espoir qu’il puisse trouver une bonne affaire. Quelques moments plus tard, alors que je suis en train de luncher avec François, mon cellulaire sonne ; c’est un vendeur! Ho!
Quelques heures plus tard, suis de retour à la casa. Je contacte à nouveau le vendeur et m’arrange pour lui rendre visite dans le quartier HLM1.. Heureusement que j’ai une carte détailllée de Dakar ; elle est d’une aide préciseuse pour négocier le prix du taxi. On s’entend pour 1300 CFA, ce qui un peu élévé, mais il parle bien français, il a l’air sympathique, son taxi est propre et surtout, il semble connaître l’endroit exact où je dois me rendre. Ils disent tous ça, c’est bien vrai, mais lui, il a l’air d’y croire vraiment, alors c’est un go, je dis.
On arrive a destination devant une shop pleine de vieilles motos, dont un Honda Transalp 650 2004 qui me semble en fort mauvais état. Je fais le connaisseur, j’inspecte, je tourne autour, je tâte à gauche et à droite. “Elle est accidentée votre moto”, que je dis. “Mais c’est qu’elle vient toooooout juste de tomber, mon ami, tout juste, là, dans le sable, on l’a échappée”. Je souris. Je regarde les jeunôts qui sont responsables de cette vente, apparemment chargés de l’affaire par un quelconque richissime italien qui a besoin de l’argent pour son commerce qui souffre (outre-mer). Ah. On demande 1 800 000 CFA, soit 4200$CAN. Bullshit. Je rigole avec eux un peu, on jase, le prix baisse rapidement à 1 500 000. Enfin…je note les détails, je remercie tout le monde pour leur temps et leur bonne volonté et je reprends le taxi qui m’attend.
Lors du retour à la maison, le chauffeur me demande de lui payer à l’avance le montant du déplacement de sorte qu’il puisse remettre les sous à sa deuxième femme qui habite tout près. Jean-Philippe n’aime pas les histoires douteuses et il se méfie, mais que faire? Comment refuser? Alors c’est bon, on fait comme ça – Inchala. Le chemin du retour implique se faufiler dans les petites allées du quartier nommé HLM en raison des HLM qui s’y trouvent… Hum hum… On reste cool. Argent remis à la femme, ruelles pleines d’enfants et de vie et de petits commerces et de trous dans la chaussée, on est sur le chemin du retour. Tout est baba cool, je gagne en capacité de ne pas douter de tout le monde.
Alors s’entamme une discussion avec le chauffeur sur les services qu’il offre, notamment celui de me conduire là où je voudrai, dont le Mali (!!!). Carte du Sénégal en main, inquisiteur et intéressé, je lui demande par où on passerait pour une telle épopée. Il se met alors à me nommer les noms de tous les petits et grands patelins qui longent la route que je suis en train de scruter sur la carte. Quel connaisseur! “Il faut voir Kayes”, me dit-il, “c’est encore mieux que Bamako”. Il renchère : “Passé la frontière, de Kidara à Kayes, le goudron est parfait!”.